Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /Jan /2010 17:43
pages blanches

D'abord, le lieu :

Bien au chaud dans un café pas trop fréquenté. Un peu de musique douce et quelques rires par-ci, par-là. Et naturellement, un fauteuil bien moelleux.
Ensuite, le contexte :
Une journée simple, sans incidents. Rien de désagréable, rien de spécialement agréable non plus. Une journée pluvieuse ou froide bien sur, ou les deux (sinon comment profiter de la douce chaleur qui règne en ce lieu si paisible ).
Puis, l'accompagnement :
Le thé est de rigueur pour commencer. Une fois bien lancé, le chocolat viennois est fort recommandé. Avec de la chantilly ... pour les moustaches ! Si un chat venait à passer par là (on ne sait jamais), invitez-le. Un chat est toujours d'excellente compagnie pour écrire et il se fera une joie de ronronner à la poursuite des mots que vous coucherez sur le papier.
Pour finir, lancez-vous !
Mon imagination en ébullition. Mon stylo qui court sur le papier y dépose mes mots en désordre. Ce n'est qu'un essai mais je le ferai prendre forme. Ils tentent de s'échapper de la phrase, de retrouver leur liberté, mais le chat avec moi leur court après et me les ramène avant de se rendormir. Mais il ne dort que d'un oeil et si un mot, par un habile stratagème, parvient à se détacher de ma phrase, le chat veillera à ce qu'il ne quitte pas la feuille trop longtemps. Je remettrai les mots à leur place initiale en râlant comme toujours après les plus belliqueux. Mauvais-Caractère, Rébellion et bien d'autres encore, passent leur temps à sortir de leur phrases pour aller voir ce que font les voisins et semer la pagaille chez les phrases alentours. Alors je les accroche doucement avec ma plume en veillant à ne pas les déchirer et les replace doucement dans leur phrases d'origine, avec pour consigne claire de ne plus les quitter. Il faut faire attention avec les mots, ils sont fragiles. Il faut aussi que je sépare les amoureux, leur résonnance à la lecture n'en sera que plus belle. Ils pleurent bien sur, et se jurent un amour éternel mais savent aussi bien que moi, qu'ils ne peuvent pas rester ensemble. Leur condition, leur naissance, leur nombre de lettres et leur place dans la phrase sont des obstacles auxquels ils ne peuvent échapper. Mais je leur promets qu'ils se retrouveront et sur cet espoir, ils acceptent de ne pas trop m'en vouloir. Et puis il y a les mots à bêtises bien sur, ceux que l'on ne peut pas laisser ensemble ni séparer. Alors on les met au début et à la fin du texte, surtout pas au milieu ! Ils feraient n'importe quoi et mélangeraient mes phrases. Les mots bêtises sont des chenapans mais ils ne sont pas bien méchants.
Ainsi placés, je l'espère, mes mots seront doux comme de la soie, fondants comme du chocolat, rugueux comme la langue d'un chat, mystérieux ... car derrière eux, il y a moi !

Par Plume
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 19:33
real_oeil_noir.jpg
La peur. Une peur indicible comme je n'en avais jamais connue. Le genre de peur qui anihile en vous toute trace d'un potentiel instinct de survie. Le genre de peur qui vous cloue au sol sans possibilité du moindre geste. Oui. Ce genre de peur. Cette peur contre laquelle on est totalement impuissant. Avez-vous déjà ressenti cette peur ? Cette peur que l'on sent s'insinuer en soi sournoisement, silencieuse. elle se faufile, paralys
ant vos muscles. Cette peur glacée qui coule le long de vos veines. elle ondulecontre vous, vous murmureà l'oreille et enfin, se glisse dans votre coeur pour y planter ses crochets pleins de venin. Et vous lui cédez ... parce que vous ne pouvez pas faire autrement, parce qu'elle ne vous laisse pas le choix. Elle vous contrôle à demi, ne vous laissant que le sentiment d'être un lâche et un incapable. Et vous la haïssez de vous rendre comme ça mais vous ne pouvez aller contre sa volonté. Elle est plus forte que vous. Et vous avez peur. Peur d'elle, peur de vous. Mais il vous faut attendre qu'elle choisisse de s'en aller. Alors patience. Laissez-la s'amuser, jouer avec vos sentiments, jouer avec votre corps. Elle va se lasser et vous laissera en paix ... jusqu'à la prochaine fois.
Par Plume
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 23:58
Heureuse !


Heureuse d'être là !


Heureuse d'exister !


Heureuse de vivre !


Heureuse de moi !


Heureuse du monde !


Heureuse de tout !


Heureuse ! Tout simplement !

Par Plume
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 17:35
J'imaginais très bien une jolie maison de campagne du gers de plein pied avec autour des champs, des arbres et un petit ruisseau (j'en demande peut-être beaucoup -_-"). Je voyais aussi parfaitement ce petit garçon de dix ans pas très bien réveillé descendre en pijamas l'escalier qui le mênerait à la cuisine. Et pourquoi pas, plus tard, les souvenirs presques effacés d'un homme d'affaires réveillé un pleine nuit par des images de son passé.



Certaines choses ne s'oublient pas. D'autres si. C'est le cas de mon enfance. Je me rappelle les odeurs et les bruits mais hélas, aucun souvenir précis.
Je me souviens l'odeur du pain en train de lever entre quatre et cinq heures chaque matin. Cette odeur entêtante m'incitait à quitter la douce chaleur de ma couette tous les matins entre six et sept heures. Je la suivais et elle me guidait de ma chambre à la cuisine. Elle m'animait comme un pantin soudainement articulé. Je traversais le couloir, mes pieds nus sur la tiédeur du bois puis je descendais l'escalier en en faisant grincer et craquer chaque marche. Je connaissais par coeur les marches à éviter et celles sur lesquelles passer. Cet escalier n'avait aucun secret pour moi. Puis je posais un premier pied sur le carrelage glacé de la cuisine. Je frissonnais de ce changement soudain de température mais ne m'arrêtais pas. Dans la cuisine, il n'y avait personne mais sur la table attendaient un grand bol de chocolat chaud et des tartines grillées avec du beurre et de la confiture. Déjà préparées, prêtes à être mangées. Je m'asseyais sur le grand tabouret de ma grand mère et mes pieds ne touchaient plus le sol. Et puis je mordais à pleines dents dans mes tartines et m'en mettais systématiquement partout ! Et pour finir je buvais mon chocolat. Je me souviens du rire de ma grand-mère quand elle me disait que j'avais encore bu trop vite et que j'avais "la moustache".
Je me souviens aussi de l'odeur des patisseries que ma grand-mère mettait au four et auxquelles je n'avais pas le droit de toucher avant quatre heures de l'après-midi.
Je me souviens de l'odeur de la viande qui mijotait plusieurs jours durant avant qu'on puisse enfin la goûter. Mon grand bonheur, c'était de me faufiler discrètement dans la buanderie, soulever le couvercle du plat dans lequel mijotait la viande et y tremper le doigt pour goûter avant tout le monde. Aujourd'hui encore, j'ignore comment faisait ma grand-mère pour savoir ce que je faisais mais de l'autre bout de la maison j'avais toujours le droit à l'habituel "siffle !". Comment voulez-vous siffler avec quelque chose dans la bouche ? Je me faisais toujours avoir mais à part cela, ma grand-mère ne disait jamais rien et me laissait toujours faire. Il y avait même souvent un morceau de pain étrangement abandonné à côté du plat, morceau dont je me servais évidemment pour goûter.
De même, quand j'avais soif et que je ne voulais pas être obligé par la suite de laver un verre, je buvais à la bouteille, chose rapidement et parfaitement apprise grâce à mon grand-père au grand désespoir de ma grand-mère et de mes parents.
Je me souviens encore du TIC-TAC incessant de la pendule du salon. Elle ne s'arrêtait jamais car en plus de sonner les heures, elle sonnait aussi les demi-heures. Petit, je n'aimais pas cette pendule. Elle me faisait peur. Mais les années passant ... et aidant, j'ai appris à l'aimer. Elle est passée de terrifiante à adorée. Quand il n'y avait personne à la maison et que cela me faisait peur, je m'asseyais à ses côtés et je l'écoutais. J'avais la sensation qu'elle me protégeait. Son TIC-TAC m'enveloppait et devenait comme une chaude couverture jetée sur mes épaules. Le jour où elle a cessé de fonctionner, mon grand-père l'a ammenée à la décharge et ce jour-là, une partie de moi m'a abandonné pour rester à ses côtés.
Je me souviens encore du cliquetis des bottes de mon père sur le carrelage de la terrasse. Quand je l'entendais, je savais que c'était lui. Ce ne pouvait être que lui. Ce bruit n'appartenait qu'à lui. Du moment où retentissait le premier cliquetis jusqu'au moment précis où mon père franchissait la porte de la cuisine, je connaissais le nombre exact de pas qu'il faisait. Trente six. De même, il avait toujours une foulée lente et régulière. Ca aussi c'était appaisant.
Mon dernier souvenir, c'est Confiture, le chat. Il était tout blanc avec juste une tâche noire sur le museau. Gamin, j'avais dit à ma grand-mère qu'avec cette tâche, il avait l'air d'avoir approché les moustaches trop près de la confiture de mûres. Ce jour-là, j'ai tellement fait rire ma grand-mère qu'elle a bâptisé ce chat sans nom Confiture. Confiture était un chat aux poils très longs et aux yeux jaunes. Il faisait toujours pleins de bêtises et se cachait pendant des heures pour éviter de se faire gronder. Ou alors il se prélassait tous les après-midi de beau-temps nonchalamment affalé sur un recoin de la terrasse ou le soleil tapait jusqu'au soir. Parfois passait une souris ou un rat des champs. Alors Confiture ouvrait un oeil mais, trop épuisé par sa sieste, le refermait aussitôt. Je me souviens de la douceur de ses poils quand j'y glissais la main, du ronronnement de satisfaction qui en découlait ou encore, de son étrange miaulement rauque quand il avait faim. Confiture, en plus de ces traces là, m'en aura laissé d'autres, beaucoup moins agréables : celles des nombreuses griffures qui constellent mes mains, mes poignets et mes avant-bras. Qu'est-ce que je l'aimais ce chat !
Seulement ... il est temps que je me rende à l'évidence. Tout ceci est une époque révolue et mes souvenirs ne se réduisent plus aujourd'hui qu'à des goûts, des odeurs, des sons et des griffures sur mes bras.
Bien peu de choses en fait ...
Par Plume
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Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /Sep /2009 20:50

Il y a quelques jours, je me suis endormie avec mes peluches, comme tous les autres soirs de ma vie. En me réveillant le lendemain matin, je me suis demandée, du haut de mes tous juste 18 ans, ce qui me reliait vraiment à elles.


Pour le petit garçon que j'étais à l'époque, il représentait tout ce que je possédais. Il était toujours là pour moi ... quand ça n'allait pas. Je le serrai contre moi et respirai l'odeur de lavande qu'il dégageait. Sa peau était douce et avec lui au moins je n'avais pas à me demander si notre proximité avait ou non raison d'être. Je savais qu'il m'était nécessaire et presque vital de l'avoir avec moi, et les gens autour de moi semblaient le savoir aussi. Je vivais avec lui sans me poser les questions que se pose aujourd'hui l'homme que je suis devenu : Pourquoi notre relation était-elle si forte ? Pourquoi son existence était-elle quasi-vitale pour moi ? Pourquoi ne parvenai-je pas à dormir quand il n'était pas là ? Aujourd'hui encore je n'ai pas de réponse à ces questions. Et je n'en aurai peut-être jamais. Qui sait ?
Depuis quelques années j'entends toujours parler de la sagesse que l'on acquiert avec l'âge. En y réfléchissant bien, je pense que la sagesse et la logique imparable dont fait preuve un enfant est nettement supérieure à tout ce que l'on apprend en grandissant. Un enfant agit en fonction de ce que lui dicte son instinct. Et en cela, il est beaucoup plus sage qu'un adulte. Les questions que je me pose aujourd'hui ne riment à rien ou tout du moins, pas à grand chose. Je ne fais que me prendre la tête inutilement sur des choses que je ne peux de toute façon plus comprendre.
Autant abandonner.
Jamais je ne comprendrai la relation extraordinaire entre un enfant et sa peluche.

Par Plume
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